Il faut bien que je sois poussé par une nécessité impérieuse de m'exprimer pour prendre ainsi la plume à une heure si matinale ! Moi ! éveillé, les idées si claires alors que le jour se lève à peine... un dimanche. Et ayant si peu dormi. La nature nous donne tous les exemples et mon corps toutes les réponses. Cette évidence me frappe alors que je me demande si je vais manger quelque chose avant d'écrire et que mon estomac me répond par un bruit... explicite ! Mais je ne lui obeis pas... Comme souvent. Qu'avais-je donc à dire de si important ? Moi qui réfreine cette pulsion d'écrire depuis si longtemps. Par humilité, par paresse... Et je me rend compte qu'à chaque fois que j'ai fait ce geste de prendre la plume, c'est animé par le "besoin du testament". Je surpasse la vanité d'écrire par besoin de laisser une réponse à mes proches, au monde... N'ai-je pas toujours composé ou écrit avec cette conscience, refoulée sur l'instant, de laisser une trace ? Non, une empreinte, quelque chose de profond. Un sens. Avant quoi ? La mort biensûr. Vais-je mourir bientôt, pour être ainsi exalté ? Ou le suis-je depuis toujours à des degrés variables ?
Tant d'usurpateurs vivent d'un art d'écrire qu'ils ne maîtrisent pas et moi qui m'y refuse... Suis-je meilleur compositeur qu'écrivain ? Non, il faut seulement que j'aie quelque chose à dire ! J'ai toujours préféré prendre une guitare plutôt qu'un stylo. C'est moins ingrat, moins triste. Et tellement plus facile et amusant !
L'amusement, la seule chose qui m'anime encore aujourd'hui. Je lui sacrifie tout. Ma santé comprise. La vie comme un jeu dont j'accepte les règles aveuglément. Recherche permanente du divertissement, culture de l'étourdissement, pour y croire encore ? Non, pour ne pas sombrer dans le repli monastique qui s'imposerait sans lui: Le Fun!
J'en arrive à ce qui m'a motivé ce matin à écrire, en réaction à ce que dit Cioran de la "frivolité". De sa nécessité pour nous. Qui nous ? Les artistes ? Les lucides ? Les insoumis ? La frivolité, le mot est trop fort pour moi. Je ne peux accéder à ce stade de l'élégance. Pour ma part, je parlerais plutôt de désinvolture. Masque posé sur un visage trop lugubre pour notre entourage. Pour le ménager, lui. Mais aussi pour ne pas être exclu de tout. Quand le renoncement n'est pas total. Quand l'amertume qu'inspire le monde à chaque réveil n'est pas suffisante pour me confiner au lit définitivement. La désinvolture, au risque de paraître insouciant, immature...
Homme-enfant incapable d'assumer les responsabilités que lui impose son âge. Qu'est-ce qu'on doit balancer dans mon dos ! J'ai faim, et mes paupières redeviennent lourdes... Si je n'écris pas pour laisser quelque chose derrière moi, c'est peut-être parce qu'il y a encore l'éventualité que cela plaise à certains esprits torturés... et que je puisse donc, peut-être, en obtenir rétribution. Ce serait certes activité plus noble que tout mes gagne-pain précédents, mais il y a encore le mot activité...
En cela je crois avoir dépassé mon maître ! Car écrire Cioran, c'est encore agir. Et je suis si fatigué.
Devrais-je entretenir mes élans ? Comme celui de ce matin...
Ces quelques pages ne vont-elles pas finir en boules ? On verra.
Après mon petit-déjeuner...
Tant d'usurpateurs vivent d'un art d'écrire qu'ils ne maîtrisent pas et moi qui m'y refuse... Suis-je meilleur compositeur qu'écrivain ? Non, il faut seulement que j'aie quelque chose à dire ! J'ai toujours préféré prendre une guitare plutôt qu'un stylo. C'est moins ingrat, moins triste. Et tellement plus facile et amusant !
L'amusement, la seule chose qui m'anime encore aujourd'hui. Je lui sacrifie tout. Ma santé comprise. La vie comme un jeu dont j'accepte les règles aveuglément. Recherche permanente du divertissement, culture de l'étourdissement, pour y croire encore ? Non, pour ne pas sombrer dans le repli monastique qui s'imposerait sans lui: Le Fun!
J'en arrive à ce qui m'a motivé ce matin à écrire, en réaction à ce que dit Cioran de la "frivolité". De sa nécessité pour nous. Qui nous ? Les artistes ? Les lucides ? Les insoumis ? La frivolité, le mot est trop fort pour moi. Je ne peux accéder à ce stade de l'élégance. Pour ma part, je parlerais plutôt de désinvolture. Masque posé sur un visage trop lugubre pour notre entourage. Pour le ménager, lui. Mais aussi pour ne pas être exclu de tout. Quand le renoncement n'est pas total. Quand l'amertume qu'inspire le monde à chaque réveil n'est pas suffisante pour me confiner au lit définitivement. La désinvolture, au risque de paraître insouciant, immature...
Homme-enfant incapable d'assumer les responsabilités que lui impose son âge. Qu'est-ce qu'on doit balancer dans mon dos ! J'ai faim, et mes paupières redeviennent lourdes... Si je n'écris pas pour laisser quelque chose derrière moi, c'est peut-être parce qu'il y a encore l'éventualité que cela plaise à certains esprits torturés... et que je puisse donc, peut-être, en obtenir rétribution. Ce serait certes activité plus noble que tout mes gagne-pain précédents, mais il y a encore le mot activité...
En cela je crois avoir dépassé mon maître ! Car écrire Cioran, c'est encore agir. Et je suis si fatigué.
Devrais-je entretenir mes élans ? Comme celui de ce matin...
Ces quelques pages ne vont-elles pas finir en boules ? On verra.
Après mon petit-déjeuner...